Selon une étude de l’université d’Oxford, les jeux vidéo favorisent le bien-être

Selon une étude de l’université d’Oxford, les jeux vidéo favorisent le bien-être
Il ne s’agit certainement pas de la première étude qui présente des aspects positifs du jeu vidéo sur la santé humaine. Mais ce sera toujours un bon point de plus pour cette activité ludique qui n’a pas toujours bonne réputation, nageant souvent entre addiction et violence.

Le retentissement de cette étude est autant dû au prestige dont jouit l’université britannique, qu’à la période difficile que vivent de millions de personnes dans le monde avec la crise sanitaire actuelle. Menée par 3 chercheurs, l’étude établit une corrélation directe entre la pratique prolongée du jeu vidéo et l’amélioration du bien-être émotionnel. 

4 heures de jeu par jour pour être heureux ?

Trois chercheurs de l’université d’Oxford ont travaillé sur cette étude : Matti Vuore, Andrew K. Przybylski et Niklas Johannes. Elle a été menée au sein de l’Oxford Internet Institute, avec le concours de deux géants de l’industrie du jeu : la filiale américaine du japonais Nintendo, et l’américain EA Sports.

Les données ont été recueillies par interviews sur deux échantillons de joueurs s’adonnant chacun à un jeu particulier :

  • 2 756 joueurs sur Plants Vs Zombies: Battle for Neighborville
  • 471 joueurs sur Animal Crossing New Horizons 

Le caractère novateur de l’étude se trouve dans l’analyse de données objectives et subjectives. En effet, pour chaque joueur, les chercheurs de l’université d’Oxford disposaient à la fois :

  • Du temps de jeu estimé par le joueur
  • De ses motivations de jeu
  • D’une évaluation du sentiment de bien-être 
  • Des durées réelles des sessions de jeu

Ces dernières données ont été fournies par les deux éditeurs de jeux qui ont collaboré à l’étude (Nintendo et EA Sports).

Avant même d’arriver aux conclusions, les données collectées permettent déjà de souligner le fait suivant : le temps réel de jeu est toujours surestimé par les joueurs, d’environ 2 heures dans le cas de cette étude. Cela permet de nuancer les résultats de plusieurs études précédentes, basées uniquement sur des données subjectives, et présentant un temps de jeu prolongé comme symptôme principal de l’addiction au jeu.

Deux conclusions principales sont mises en lumière :

  • Le temps de jeu (mesure objective) modifie positivement le bien-être du joueur, et ce dans les deux échantillons. Pour le jeu Animal Crossing New Horizons par exemple, les joueurs ayant passé plus de 4 heures de jeu par jour se disaient plus heureux.
  • Les motivations des joueurs influencent la corrélation entre temps de jeu et bien-être émotionnel. Le jeu par plaisir (pour des motivations intrinsèques comme l’affiliation et la compétence) renforce le lien entre les 2 variables, alors que les motivations extrinsèques (échapper à des pressions intérieures ou de la vie réelle) la réduisent.

Une étude qui intervient dans un contexte particulier

Cette étude sur le jeu vidéo et le bien-être est présentée à un moment où le temps libre passé chez soi est plus important. Avec l’épidémie du nouveau coronavirus, les règles sanitaires et les mesures de confinement réduisent les possibilités d’interaction et les espaces de vie.

De façon générale, cela a des conséquences négatives sur l’état psychologique des personnes confinées. Mais pour les adeptes de jeu, moins d’occupation de la vie réelle signifie plus de temps pour jouer. L’étude de l’université d’Oxford vient donc à point nommé, en présentant les jeux vidéo comme des moyens d’améliorer le quotidien.

Mati Vuore, l’un des chercheurs à l’origine de l’étude, déclare que les résultats obtenus confortent l'idée que les jeux en ligne offrent une alternative satisfaisante aux rencontres en face à face. C’est le cas des jeux vidéo concernés par l’étude, mais aussi de ces jeux vidéo que l’on retrouve dans les casinos en ligne. Il est donc possible d’y jouer par plaisir, en temps de confinement ou non, et de voir ainsi son bien-être émotionnel s’améliorer grandement. D’ailleurs, certains de ces jeux vidéo de casinos en ligne peuvent être joués sans dépenser un centime.

L’Organisation Mondiale de la Santé a d’ailleurs organisé une campagne intitulée Play Apart Together. Le but de cette campagne était, au travers du jeu, de promouvoir la distanciation physique tout en évitant un isolement social. Des jeux vidéo à visée thérapeutique ont même été développés, à destination des personnes particulièrement sensibles au manque d’activités ou d’interactions sociales (déficit de l’attention, maladies dégénératives, etc.).

Une étude qui n’apportera pas de consensus définitif

Les résultats de cette recherche de l’Oxford Internet Institute ne permettront certainement pas de mettre d’accord tout le monde sur les valeurs positives du jeu vidéo. Elle vient pourtant après d’autres études qui mettent en valeur les bénéfices qu’on peut tirer du temps passé sur une console.

Déjà en 2003, C. Shawn Green et Daphné Bavelier, du département neurosciences de l’université de Rochester mettaient en lumière des effets positifs du jeu vidéo sur l’attention visuelle sélective. Les résultats de leur étude publiée dans le journal Nature, montrent que comparativement aux « non-joueurs », les joueurs peuvent repérer des cibles plus vite, appréhender un plus grand nombre d’objets, et maintenir leur attention visuelle plus longtemps. Des études ultérieures sont venues confirmer ces résultats et mettre en lumière d’autres bénéfices, notamment sur le travail de mémoire spatiale. 

Mais la réputation des jeux vidéo reste problématique. La violence des jeux vidéo est souvent pointée du doigt. De plus, le risque d’addiction est bien réel. D’ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé a classé l’addiction aux jeux vidéo dans sa liste des maladies mentales. Selon Matti Vuore, il s’agit là d’une décision qui est loin d’être approuvée par tous les chercheurs dans le domaine.

Pour le Professeur Przybylski, chercheur principal sur l’étude d’Oxford, le but de leur travail était justement de contribuer à fournir des données plus fiables pour orienter les décisions des décideurs et parents sur la question. Pour le scientifique, il n’est pas question de nier les potentiels effets dangereux du jeu vidéo. Il reconnaît d’ailleurs que son étude va à l’encontre de celles des 40 dernières qui suggérait plutôt que plus on joue, moins on se sent bien. Mais les résultats de son étude tendent à montrer que la pratique du jeu vidéo de façon maîtrisée ne présente pas de menaces pour la santé, voire présente des bienfaits palpables dans certaines conditions.

 

Contribuer à créer de nouvelles perspectives dans le domaine, notamment sur les questions de dépendance aux jeux vidéo, est un des objectifs majeurs de cette équipe de recherche de l’Oxford Internet Institute. Pr Przybylski encourage d’autres éditeurs de jeux vidéo à partager des données similaires à celles fournies par EA Sport et Nintendo. Pour lui, il faudrait plus d’études sur le sujet, avec des échantillons plus grands et sur de plus longues périodes.

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