En Thaïlande, les éléphants à touristes luttent pour pas mourir de faim

Le coronavirus affecte l'ensemble de la population mondiale et touche aussi directement les animaux. Ainsi en Thaïlande, environ 2000 éléphants ne peuvent plus être alimentés normalement, conséquence de la « disparition » des touristes.

En raison des mesures de confinement décrétées au sein de nombreux pays, les parcs et autres sanctuaires à éléphants ne bénéficient plus des retombées économiques du tourisme, qui permettaient notamment de nourrir les pachydermes.

Les éléphants à touristes luttent contre la faim

Non seulement les éléphants sont mal nourris mais ils sont aussi dans l'obligation de vivre enchaînés. Et le fait que la Thaïlande soit dans sa saison la plus chaude de l'année (jusqu'à la mi-mai généralement) n'arrange en rien la situation.

Car si quelques parcs ont encore des réserves alimentaires suffisantes pour nourrir les éléphants, la plupart de ces sanctuaires n'ont pas la même chance. Ils doivent alors se débrouiller par leurs propres moyens. Certains se tournent vers la mendicité ou demandent des fruits aux nombreux temples faisant la réputation du pays.

éléphants à touristes

Éléphants à touristes en Thaïlande

Des employés de ces parcs tentent aussi de mettre la main sur des herbes hautes le long des routes. Peine perdue étant donnée que la sécheresse actuelle a un grand impact sur la végétation.

Les conditions de vie précaires des éléphants

Si une poignée de parcs, en particulier les refuges, semble réellement se soucier du bien-être des éléphants, beaucoup n'ont pas autant de scrupules. Car les parcs les plus touristiques ont souvent tendance à louer les pachydermes pour des montants mensuels allant de 700 à 1 200 dollars.C'est donc plus un business animalier qui est mis en place, où les conditions de dressage peuvent être brutales et les privations régulières.

D'autant qu'au coût de la location s'ajoutent les frais journaliers alimentaires de l'éléphant (autour des 50 dollars) et le salaire de son mahout. Le mahout est le nom donné à une personne tenant à la fois le rôle de guide et de soigneur de l'éléphant.

Le coronavirus a aggravé la situation de ces animaux

Or si une partie de ces éléphants domestiqués vit régulièrement dans un environnement stressant, la propagation du coronavirus n'a pas arrangé les choses. Le Covid-19 a été identifié pour la première fois en Thaïlande à la fin du mois de janvier. Depuis, et de manière progressive jusqu'à aujourd'hui, les visiteurs et touristes se sont fait de plus en plus rares. D'autant qu'un quart d'entre eux vient habituellement de Chine.

Au 15 mars, l'ensemble des parcs dédiés aux éléphants ont été obligés de fermer sur décision des autorités thaïlandaises. Cette mesure de fermeture s'est inscrite dans une politique globale visant à freiner au mieux la propagation du coronavirus à travers le pays.

Parcs dédiés aux éléphants

Les parcs dédiés aux éléphants ont été obligés de fermer

Faute de visiteurs, les éléphants restent donc entravés chaque journée durant près de 18 heures. Afin de les enchaîner, le personnel des parcs a recours à des fers placés autour d'une de leur patte. Cette condition ajoutée à celle de la sous-alimentation font que les pachydermes ont de plus en plus tendance à se battre entre eux. Ce qui entraîne blessures et affaiblissement pour des spécimens dont la durée de vie est en moyenne de 48 ans.

La situation risque de vite s'aggraver sans aides gouvernementales

L'avenir à court et moyen terme pour les 3800 éléphants apprivoisés que compte la Thaïlande est d'ores et déjà fortement assombri. Qu'ils puissent recouvrer la liberté et revivre sans contraintes humaines semble une belle idée. Malheureusement cela serait trop dangereux pour eux. Ils risqueraient en effet d'être davantage exposés aux accidents ou aux maladies. Surtout, leur cohabitation avec les 3 000 autres spécimens vivant à l'état sauvage ne saurait être possible.

Pire, bien que cela soit interdit depuis plus de 30 ans, des éléphants pourraient devenir victimes d'exploitation par l'industrie forestière. Cette dernière les réquisitionnerait en vue d'effectuer le transport du bois, une activité considérée comme réellement dangereuse pour les pachydermes.

Les lueurs d'espoir viendront de l'aide financière que pourront verser le gouvernement mais également des bienfaiteurs privés. Les responsables des parcs demandent surtout deux choses afin que les éléphants ne meurent pas de faim. Une somme quotidienne de 30 dollars pour subvenir aux besoins de chaque éléphant. Et donner l'autorisation aux mahouts de mener leurs animaux au sein des forêts. Cette pratique est actuellement interdite, cependant les forêts constituent des réserves naturelles idéales qui permettraient d'alimenter les pachydermes.

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